La Gazette Nord Pas de Calais - Chênelet nouvel emblème régional du French Impact

Version imprimableVersion imprimable

Cette entreprise spécialisée dans les logements sociaux et écologiques pour personnes vulnérables vient d'être sélectionnée pour promouvoir la nouvelle marque de I'ESS, French Impact. De nouvelles opportunités s'annoncent pour cette société de la Côte d'Opale.

Le 18 janvier dernier, le haut-commissaire à l'ESS du gouver­nement, Christophe ltier, annonçait un plan ambitieux : un milliard d'euros mo­bilisés en fonds pu­blics et privés à des­tination de l'ESS sur les cinq prochaines années et la créa­tion d'une marque collective propre à ce secteur : French Impact. Ce plan est aujourd'hui en marche : 22 entreprises françaises (contre 15 au départ) ont été sélectionnées en juin der­nier. Chacune est parrainée par un ministre, afin que les enjeux de l'ESS s'infiltrent dans tous les portefeuilles gouvernementaux. Chaque projet reçoit également le pass Pionnier : un package de suivi sur mesure pour l'accom­pagnement au changement d'échelle (fi­nancement du plan de croissance, mise à disposition d'un «Hacker Le French Impact», évaluation de l'impact, pool de partenaires privés, etc.). Ce plan national va travailler également sur de nouvelles mesures législa­tives et fiscales pour soutenir le secteur. Une plateforme digitale French Impact est ou­verte pour fédérer les acteurs de I' ESS, leur permettant d'accéder aux nouvelles aides financières et réglementaires.

 

RECONNAISSANCE

Dans les Hauts-de-France, c'est la Foncière Chênelet, à Landrethun-le-Nord, qui a été sélectionnée parmi 200 candidatures. Elle est parrainée par Julien Denormandie, se­crétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, qui s'est déjà dé­placé sur place. Pour François Marty, pré­sident-fondateur de la Foncière Chêne­let, c'est d'abord une reconnaissance car «Chênelet essaye de faire des choses ori­ginales depuis huit ans. Mais, comme tous les novateurs, nous butons contre des règles administratives contradictoires. Nous avions donc vraiment besoin de ça pour notre dé­veloppement». L'entreprise a déjà construit 160 logements de qualité et écologiques, accueillant près de 500 personnes âgées ou vulnérables, et ce en-dehors des grandes villes. «Nous nous sommes inspirés du mo­dèle suédois, qui intègre les contraintes de la vieillesse, et du modèle suisse pour l'éco­logie. Mais c'est 3 000€ le mètre carré hors foncier pour des personnes à faibles revenus, ce qui est compliqué. li était donc important de faire reconnaître notre modèle au­près de l'admi­nistration et des financeurs, car on n'a jamais fait du logement social comme ça en France.»

 

OPPORTUNITÉ

C'est aussi une opportunité. Le French Impact va leur permettre de changer d'échelle et d'accroître leur notoriété. François Mar­ty livre ses objectifs : «Nous cherchons à toucher des élus ruraux qui ne savent pas que l'on existe et qui n'envisagent pas de faire de logement de qualité. Or, la visite du secrétaire d'Etat a permis de se rendre compte que nous pouvions permettre un développement des logements sociaux dans les territoires, et pallier ainsi cet angle mort de la politique du logement: tout ce qui se fait aujourd'hui, c'est pour les villes, et les territoires se sentent à l'abandon.» Le facilitateur de la République va égale­ment étudier comment adapter les règles administratives aux propositions de ce bail­leur social hors-norme. Le président-fon­dateur ne boude pas son plaisir : «Ça vous donne un bon coup d'audace parce que, orsque vous faites des choses différentes, vous devez en permanence vous justifier. Et là, pour une fois que l'on fait quelque chose de différent et que l'on  est reconnu, cela nous ouvre des horizons.»

La Foncière Chênelet vient de lever 25 millions d'eu­ros pour répondre à un carnet de commandes de 350 logements. Se­lon le ministère de la Transition écologique et solidaire dont dépend le haut-commissaire à I' ESS, «le French Impact donnerait à Chênelet l'opportunité de mul­tiplier son rythme de construction par quatre et d'être présent dans toutes les régions françaises sous trois à cinq ans».

Anne Castelbou - La Gazette en Nord Pas de Calais